Tout commença un mois de mai, en 2006. J'ai entendu Mary me dire "tu montes succina"...
Dans le stress, la hâte et la palpitation, je suis entrée dans ton box. Tu m'as léché partout. Puis je t'ai brossé et préparé. Je me souviens encore du tapis de selle ^^. Le bordeau de Mary avec les petites spirales, eux bandes à moi et deux bandes à Mary. La première leçon s'est tout simplement déroulée magnifiquement bien. Elle avait 4 ans. Jouette, elle faisait régulièrement le petit cheval à Bascule. Le contact est directement passé. Je n'ai jamais eu ça avec aucun cheval appart elle. Puis, elle a été achetée. Heureusement, les proprios cherchaient une demi-pension et son petit air de craque affective a fait craqué ma maman qui a accepté de la prendre en demi-pension! ( merci Succina :-))
Puis, on était parties., on était lancées vers la progression. Ce n'était vraiment pas facile, mais le désir d'aller de l'avant était tellement présent que je prenais mon pied à chaque fois que je demeurais sur son dos. J'étais dans un autre monde, dans lequel il n'y avait que nous deux.
Je n'oublierai jamais notre premier hivers! J'ai testé le sable de la piste à tous les endroits, mais c'était toujours le même goût. Elle m'en a fait voir de toutes les couleurs. Elle m'a appris à tenir beaucoup mieux à cheval! C'était marrant, ces petites pulsions d'humeur. Elle m'a fait partagée les joies d'un jeune cheval. J'étais vraiment heureuse, je rigolais bien (mais la concentration n'était pas pour autant négligée).
L'été a été beaucoup plus calme, elle s'est fortement assagie. Pendant un an et demi, on a travaillé, travaillé, travaillé. Avec des moments noirs et des moments roses, mais avec toujours autant de complicité.
Quelle me fasse tombé autant de fois qu'elle le veut, qu'elle fasse la petite folle, qu'elle me casse le pouce, je ne lui en ai absolument jamais voulue!
Le dernier jour que j'avais la demi-pension, c'était le remise des prix des challenges d'hivers. On a été premières...Quelle belle fin quand même.
Seulement voilà, toutes les bonnes choses ont une fin, même les meilleurs. Voici la fin de notre histoire. Ce fut relativement court, mais intense. Je ne voulais pas la quitter.
Après avoir longuement discuté pour en venir à la décision de lacher le demi pension, j'ai eu l'impression que tout s'écroulait. J'aurais pu remplir l'océan pacifique en moins d'une semaine. On a encore discuté, mais la décision n'a pas été changée. J'ai laché, à contre-coeur.
Je ne voulais pas, c'était dur et ça l'est encore. Je ne sais pas si je l'ai déjà accepté. Mais il valait mieux ça, Maïté et moi étant toutes les deux trop investies dans l'équitation pour un seul et même cheval.
J'ai encore le coeur gros. Ses photos décorent encore une bonne partie de ma chambre, je ne veux pas y toucher, parce que je ne veux pas que ce soit la fin, pourtant, cette atroce fin est bel et bien là. Je ne me suis jamais autant attachée à un cheval, encore moins si vite.
Merci mille fois à Corine, Victor et Mary de m'avoir permis de vivre ces deux années avec elle.
Je sais que c'est mieux et c'était mon choix, mais je crois que ce déchirement restera un morceau difficile à avaler...